INTENTIONS

” IAP** Programme d’intégrité artistique Ensemble des actions que je me propose d’accomplir dans le but de donner forme, de faire acte d’intégrité artistique en développant une démarche ouverte à l’altérité

A l’ère de l’anthropocène face à une urgence humaine et écologique, nos rêves sont les clés de l’innovation et du changement

La science et la technique sont sources de solutions

Il s’agit de DONNER FORME

Créer des formes pour répondre aux crises de nos sociétés, économique, écologique, alimentaire, énergétique

Imaginer des formes pour se projeter dans le devenir

« Affirmer le devenir c’est le transformer en avenir » (B.stiegler s.d.)

CREER DES formes opératives*, qui accomplissent qui exécutent, produisant des effets, ceux de solutions fictives, mais réfléxives aux crises sociétales actuelles, des formes thérapeutiques

La science et la technique sont les piliers pour se projeter dans le devenir

Ce sont des formes issues de la mise en convergence des compétences individuelles les plus pointues, dans différents domaines de recherche. Voir Organigramme

C’est la collaboration entre l’imaginaire, la technique et la recherche qui fera naitre ces formes nouvelles. L’artiste devient alors initiateur d’un aréopage. Il devient un maillon dans une assemblée humaine

L’ARTISTE INITIATEUR D’UN AREOPAGE réunion de gens compétents et choisis

Puisqu’il s’agit de donner forme à des innovations (fictives ou réelles) en réponse aux enjeux de nos sociétés, la posture individuelle de l’artiste n’est plus adéquate

Je considère comme artiste tous les partenaires qui contribuent à cet aréopage dans le but de créer une forme OPERATIVE*, c’est à dire avec une implication positive sociale, politique, économique ou écologique du projet artistique. ” C.Suard, Paris 2016

La relation suscitée par l’objectif commun, celui de la forme à naître, **vise à créer les conditions d’expérimentations d’états modifiés de conscience  / EMC à travers des formes opératives*

*genre d’activité qui produit un effet 

CE PROJET EST NÉ DE mon expérimentation depuis plus de 20 ans, de la création contemporaine, tout d’abord en produisant et réalisant des films avec et pour les artistes dans le cadre de l’association Artfilms, créée en 1999 avec l’intime conviction que l’invention de nos formes de relation au monde était le rôle de l’art, avec pour enjeu sa transmission. Mettre en scène la figure de l’artiste et des ses œuvres à travers le medium vidéo est une manière d’interroger son rôle au sein du corps social et la valeur d’usage de l’art. Volonté de transmission afin de créer une mémoire de l’art en train de se faire, un moyen de découverte des réponses artistiques actuelles aux enjeux de nos sociétés, la globalisation, le multiculturalisme, le repli identitaire.

C’est autour de ces questionnements, que mon travail artistique s’est peu à peu constitué. J’ai souhaité articuler ma démarche personnelle à des pratiques collectives, autour de la place et de la position des artistes face à leur engagement au regard des problématiques sociales contemporaines. Avec l’utopie, d’envisager les médias comme un espace public, pour la diffusion des films documentaires.

Le catalogue d’Artfilms dont j’ai assure la production executive et la réalisation, compte une quarantaine de films, ils ont été produits et diffusés en partenariat avec des Institutions en France et à l’étranger. Centre Pompidou, Palais de Tokyo, Drac PACA, Musées d’Amiens, Conseil Régional de Picardie, Ministère de la Culture Suisse, Fondation Evens, Fondation Suisse pour la Culture Pro-Helvetia, et des chaînes de télévision Arte, France5, RTBF, TV5.

D’autre part, en parallèle de mon activité au sein d’Artfilms, j’ai toujours développé une pratique quotidienne du dessin. Le dessin envisagé comme un trajet, un mode de déplacement. C’est une ligne continue, qui contamine les supports existants: la presse, les magazines, les livres, les emballages, les sacs poubelle, les espaces architecturaux. La ligne se propage comme une onde, et devient sculpture, objet, lieu. Le lien entre la réalisation des documentaires sur l’art et un travail artistique fait de dessins au trait immédiat et continu, de sculptures gonflables, de vidéo abstraites c’est la ligne dessinée, son déroulé. La notion de continuité se retrouve en parallèle dans mes pratiques graphiques, le déroulé du trait dans un geste continu et celui la pratique de la vidéo, du montage d’un film, du plan-séquence, qui est un déroulé d’images. L’idée d’investir des lieux par le déploiement de la ligne du dessin, de créer des espaces mentaux, des processus réalisant l’idée d’ «utopie concrète » telle que la définit Yona Friedman, ou encore celle de l’« Eu-Topia » le lieu de l’idéal, du bonheur, du mieux par “l’immédiatisme”, ou l’art comme jeu quotidien.

la réhabilitation de l’utopie ?

L’utopie est donc au cœur de mon questionnement artistique, que ce soit dans les dessins, les sculptures, les objets ou les vidéos, ou dans celle de la diffusion des films, c’est dans le sens étymologique du mot qu’elle m’intéresse. U-topia du grec, privé de lieu. L’utopie n’a pas de lieu, c’est un lieu imaginaire, un discours qui met en scène et donne à voir une solution imaginaire à des questions de société.

Je me suis aussi intéressée aux recherches scientifiques, comme un potentiel espace de liberté, offrant libre cours à mon imaginaire, avec au centre de mon questionnement la “matière”, la perception, et la marge d’intervention du geste artistique. J’ai imaginé des carnets de voyage, mémoires et notices, écrits par une astronaute d’un lointain futur. Se déroulant sur plusieurs millénaires, ces «archives du futur» décrivent les faits marquants, culturels et scientifiques des époques passées, présentes et à venir.

J’ai utilisé la science comme «une matière poétique», pour imaginer les formes qui pourraient découler de toutes ces avancées théoriques et techniques, et élaborer une intention artistique qui a abouti au PROGRAMME D’INTÉGRITÉ ARTISTIQUE ET au PROCESSUS UNLIMITEDFORMS: s’appuyer sur les recherches et innovations scientifiques les plus récentes pour les projeter dans un monde imaginaire qui aurait solutionné la plupart des problématiques actuelles.

Je choisis maintenant une forme collective et une visibilité liée à l’espace public, pour mener une action artistique investie dans les différents champs de notre société, liés aux questions vitales soulevées par l’anthropocène. 

“Il y a un déficit d’images positives, ou très peu de descriptions relativement développées et inspirantes de ce vers quoi la collectivité humaine pourrait se destiner tout en résolvant simultanément la masse des problèmes en suspens.” Yannick Rumpala, maître de conférences en science politique à l’université de Nice, auteur du livre Hors des décombres du monde (éditions Champ Vallon), 20/01/2021